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Geronimo Abos (1715-1760) - compositeur

Nous voudrions rendre hommage ici à Geronimo Abos, un compositeur né à Malte et qui est arrivé à Naples à l'âge de 10 ans, en 1725, à une époque où la transition musicale entre le baroque et le classicisme s'amorçait très progressivement.

Abos bénéficie très jeune de l'enseignement musical de deux grands maîtres: Francesco Durante (1684-1755) qui sera considéré par une certaine historiographie musicale comme étant le chef de file de l'école moderne italienne, et Léonardo Léo ( 1694-1744) dont l'apport musical, notamment du point de vue de l'inventivité, nous paraît supérieur à celui de Durante, en tous cas dans le domaine sacré. Il faut d'ailleurs bien considérer que si une bascule est bien en train de s'opérer à Naples à cette époque, c'est surtout Giovanni Battista Pergolèse, élève de Durante, qui va donner la direction à suivre jusqu'à Mozart. Certes, il y aura encore des compositeurs importants comme Niccolo Jommelli (1714-1774) et Tomaso Traetta (1727-1779) mais le tournant est pris seulement à partir de Pergolèse, dont l'importance, malgré la brieveté de sa vie, est considérable.

Revenons à son maitre Francesco Durante. Qui est l'élève de qui? Qui enseigne à qui ? Il est tout à fait établi que Pergolèse, comme Abos, Jommelli,Traetta et beaucoup d'autres compositeurs importants, ont été les élèves de Durante. Seulement voilà : le Stabat Mater de Pergolèse date de 1736 tandis qu'il est pratiquement impossible de trouver une oeuvre de musique sacrée d'envergure sous la plume de Durante avant cette date! Tout se passe comme si Durante avait réussi à hausser son niveau de composition dans le domaine de la musique sacrée sous l'influence de l'oeuvre de Pergolèse.

Abos, Jommelli et Traetta suivront le même chemin...

Afin de nous limiter dans cet article, nous recommandons d'écouter dans cet ordre:

- La litanie della Beata Maria Virgine de Francesco Durante (composée en 1750...)

 https://youtu.be/EoYrLTBOGc0

- Le Stabat Mater de Pergolèse (1736...) Ici, il est très important d'écouter les toutes meilleures versions, sinon c'est un cauchemar... Ce qu'ont fait les Talents lyriques de Christophe Rousset avec Sabina Puértolas et Vivica Genaux est prodigieux, (le choix des tempi est toujours très juste)

 https://youtu.be/1SfZJQ7cXV4

Chacun comprendra, ne serait-ce qu'en écoutant les deux introïtus, quel est l'élève et quel est le maître...

- Le Stabat Mater de Geronimo Amos (1750 aussi...) pour lequel nous avons un petit faible, même si nous ne pouvons évidemment pas lui accorder le génie de la musique de Pergolèse. Cependant, cette oeuvre, toute emprunte de modestie et d'humilité, nous a semblé constituer un petit pas supplémentaire vers le classicisme, tant cette musique n'accorde que peu de place aux excès du baroque. Un Stabat Mater d'une beauté simple, et dont la clarté apaisante fait du bien dans cette Italie musicale passionnée.

 https://youtu.be/nwk_Sx-S5tQ

- Le Requiem de Niccolo Jommelli (1753) qui permet de mesurer le chemin accompli en direction de Mozart car Jommelli constitue à son tour une avancée considérable vers le classicisme, notamment en effectuant une synthèse intéressante de l'esthétique allemande et de l'esthétique italienne. Mozart entendra à l'âge de 10 ans un opéra de Jommelli et ne l'oubliera pas.

 https://youtu.be/qFPYb961qcQ

 

Evidemment, écouter le Requiem de Jommelli avant ou après celui de Mozart constituerait un point d'orgue à cet article et une expérience très instructive à tout mélomane soucieux d'histoire de la musique... Mais nous nous éloignons déjà de Geronimo Abos, et donc de Pergolèse...

Tag(s) : #Musique

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