Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Albijn Van den Abeele (1835-1918) - peintre
Albijn Van den Abeele (1835-1918) - peintre

Albijn Van den Abeele est un peintre flamand ( belgique flamande) qui consacra sa vie et son oeuvre à sa ville de naissance: Sint-Martins-Latem. A l'origine de l'Ecole de Latem, on peut citer des artistes comme les frères César et Xavier De Cock, originaires de Gand,qui étaient liés d'amitié avec Albijn den Abeele et qui ont contribué à attirer l'attention sur Latem. A cette époque, Albijn était déjà greffier de la ville (il en deviendra par la suite le premier magistrat), mais il se consacrait aussi à une oeuvre d'écrivain romancier que l'on a qualifiée de romantico-réaliste. Dans ses écrits, Albijn dénonce la situation du peuple dans les campagnes: il se fera défenseur de la dignité du peuple et plaidera pour une amélioration de la condition rurale. Il se tourne pourtant vers la peinture à l'âge de 40 ans. La nature demeurera son sujet de prédilection. Plutôt que de défendre avec des mots la vie dans les campages, plutôt que de prêcher pour un retour à la nature, Albijn van den Abeele se met à peindre la nature dans son authenticité première. De nombreux peintres seront attirés par ce rapport direct et sensuel à la nature et au paysage qui fait d'Abeele le véritable père fondateur de l'Ecole de Latem pour plusieurs générations de peintres. Aussi des peintres paysagistes aussi importants que Valerius de Saedeleer ou Albert Servaes viendront rejoindre Abeele à Latem.

Ce taillis montre la volonté d'Albijn van den Abeele de peindre le village comme une inscription naturelle au sein de la campagne. La composition du tableau, en plusieurs mamelons, place le village dans un pli du paysage, et dit assez bien le caractère maternel de la situation des hommes et de leurs habitations, comme blottis dans le giron de la mère nature. Ce ne sont pas les hommes "qui deviennent comme maîtres et possesseurs de la nature" selon la formule chère à Descartes, mais la nature qui adopte les hommes en son sein.

Les courbes du paysage suivent la beauté géométrique de la forme d'un arc-en-ciel, ce qui renforce encore l'impression de nécessité naturelle. Le taillis en lui-même, le bosquet et les arbres du premier plan, comme ceux du lointain, sont les êtres les plus proches des hommes, leurs âmes soeurs, qui ont pris racine dans la terre et qui ont contact avec le ciel. Les arbres établissent pour les hommes la jonction entre le Ciel et la Terre, il sont les dieux protecteurs du village.

Où l'on voit les deux tenants de l'art d'Albijn van den Abeele: émerveillement et réflexion. La nature nous parle si nous savons la regarder. La peinture des artistes de Latem trouve son origine dans cette poésie attentive qui peut aller jusqu'au mysticisme. Le peintre ne regarde plus le paysage, il en fait partie, et peut-être même devient-il le paysage...

Albijn Van den Abeele (1835-1918) - peintre

Ces arbres, cette végétation, ouvrent un chemin qui ne jamais ne se referme. Non pas un "chemin qui ne mène nulle part" comme chez Heidegger, mais un chemin qui invite à le suivre vers un ailleurs, un au-delà. Il ne s'agit surtout pas de l'au-delà des spirites, qui n'est qu'un charlatanisme humain de plus, mais d'un au-delà de l'homme qui n'est autre que la nature elle-même. Le chemin amène l'homme à se déprendre de sa mauvaise humanité, de son anthropocentrisme, pour aller vers le bruissement de l'être. La végétation est une vibration, la parole chuchotée de la nature.  

Albijn Van den Abeele (1835-1918) - peintre

Albijn van den Abeele peindra de plus en plus souvent des sous-bois, des rideaux d'arbres, pouvant aller jusqu'à l'abstraction. Les arbres deviennent des éléments de religiosité, des témoins mystiques du rapport de l'homme à la vie. Les sous-bois sont, aux quatre saisons, les dépositaires des secrets de la nature.

Albijn Van den Abeele (1835-1918) - peintre

Qu'y a-t-il derrière le rideau d'arbres? Qu'il y a-t-il dans l'obscurité des sapinières les plus profondes?

Derrière le rideau, l'homme n'est plus le maître de la nature, il doit déposer les armes et cesser de parler. C'est là que le Maître nous touche, et qu'il nous sussure à l'oreille: " je suis celui qui impose le silence, je suis celui qui donne vie à ses arbres comme à toi même, tu es comme eux, tu n'as rien à craindre de moi, et la mort n'est que le silence où se font les choses".

Albijn Van den Abeele (1835-1918) - peintre
Tag(s) : #Peinture

Partager cet article

Repost 0