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Jehan Alain (1911-1940) - compositeur

Jehan Alain est mort à 29 ans, injustement fauché par la guerre, comme tant d'autres. La puissance créatrice dont il a fait preuve dans les dernières années de sa courte vie nous fait mesurer la perte considérable qu'a constitué sa mort prématurée. Musicien exceptionnellement doué à l'orgue ( il est capable de remplacer son père à cet instrument dès l'âge de 13 ans), Jehan Alain a fort heureusement composé sans relâche pendant 10 années, non seulement pour l'orgue, le piano, ou la voix (merveilleuse musique pour choeurs), mais aussi quelques pièces de musique de chambre (près de 140 numéros d'opus au final).

Particulièrement inventive, toujours intelligente et spirituelle, sa musique est d'abord poésie pure. Alain écrit le plus souvent des pièces courtes, des "moments" qui sont des concentrés d'intuition et d'imagination. Alain peint des instants, des improvisations, des préludes, qui ouvrent autant de fenêtres sur la beauté et la sensibilité. Sa musique n'est jamais facile, elle ne requiert pourtant que de l'attention et une propension à l'émerveillement. Jehan Alain hérite de Debussy, de Satie et de Ravel, mais sans rien leur emprunter, si ce n'est l'impressionnisme, le raffinement, la clarté, et l'humour. Composer est un jeu exquis, une grâce, une danse, un sourire sur la vie. D'emblée, Alain possède son langage propre: tonalités, modes et dissonances, timbres et rythmes, tout est mis au service de l'éveil des sens.

La musique d'Alain ne s'écoute pas, elle est regard, elle est lumière, elle est mime ou chorégraphie. Ce qu'il faut entendre, c'est une joie, c'est une malice, c'est une grâce. Ce qu'il faut comprendre, c'est notre intériorité, nos mécanismes sensibles et comment l'esprit s'y insère. Ce qu'il faut ressentir, c'est une liberté d'esprit, c'est un jeu de notes, c'est une ferveur poétique.

 

3 études pour piano (1930) : https://youtu.be/X9NCNiMqWjk

merveilleuses études de sonorités, composées à seulement 19 ans. Luxe, calme, et volupté...

Suite monodique (1934) : https://youtu.be/rgNxbXFihgg

Une remarquable inventivité, un adagio très en avance sur son époque, un étirement de la temporalité, tout en résonnances feutrées, qui annonce un Morton Feldman

Requiem (1938) : https://youtu.be/OgIIchCvBY4

Un des plus beaux requiem de toute l'histoire de la musique, lumineux et spirituel, Une musique sans aucun effet excessif, entièrement tournée vers la sérénité et la béatitude. Beauté et ferveur, pour la foi en l'homme. La vérité naît de la beauté.   

Litanies pour orgue (1937) : https://youtu.be/UZ34tvwLcQM

Puissance, joie, exubérance. Liberté de l'imagination, danse créatrice qui peut tout emporter sur son passage...

 

Tag(s) : #Musique

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