Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Publicité

agnosticisme
Publicité

L'agnosticisme est une pensée philosophique qui renonce à toute tentative de pensée de l'absolu, que cet absolu soit une divinité ou un principe premier régissant tout ce qui existe.  

C'est le biologiste, paléontologue et philosophe anglais Thomas Henry Huxley (1825-1895) qui forgea le mot agnosticisme en 1869, irrité qu'il était par les intellectuels de son époque qui se croyaient obligés de revendiquer leur appartenance à une chapelle, qu'il s'agît de l'évolutionnisme, de l'idéalisme, du matérialisme, du déisme, du positivisme,..., voire même du criticisme.     

L'agnostique refuse de se réfugier dans une pensée dont il ignore la réalité effective.

L'évolutionniste, par exemple, prétend à juste titre que le créationnisme est réfutée notamment par les preuves fossiles et  qu'il y a une évolution des espèces dont la paléontologie révèle quelques étapes et qui a été théorisée par Darwin. Cependant, l'évolutionniste applique le plus souvent les concepts darwiniens à tort et à travers, sans les interroger davantage,  et il érige l'idée centrale de "la survie des plus aptes" de la théorie de la sélection naturelle -pourtant tautologique pour l'essentiel- en un paradigme dominant et exclusif, qu'il applique à son gré et sans grand discernement, non seulement à tous les domaines de la biologie et de la zoologie, mais aussi, de manière encore plus néfaste, aux sciences humaines. 

L'idéaliste, une fois qu'il a établi que tout ce qui vient à la conscience de l'homme est "idée", ne sait plus quoi faire d'une matière qui refuse sa mise en bière définitive dans l'idée, tandis que le matérialiste est bien obligé de concéder que tout ce qu'il sait de la matière est pensée. Une idée n'est rien tant qu'elle ne trouve pas matière à s'appliquer, tandis que la matière est toujours d'abord une idée de la matière qu'elle prétend être.       

Le déiste ne croit pas en un Dieu chauve ou barbu qui aurait fait l'homme à son image, mais il est fasciné par l'ordre du monde qu'il attribue à un grand horloger. L'athée lui répondra que dès l'instant que les choses sont, elle ne sauraient être n'importe comment et qu'il y a bien une immense horlogerie des lois de la nature, mais pas d'horloger… L'athée ne se rend pas compte qu'en ayant déjà coupé la barbe à Dieu, le déiste lui a donné le visage de la Nature.

Le positiviste croit pouvoir ramener l'ensemble du comportement et de la pensée de l'homme à des lois accessibles à la raison alors même que l'homme se crée ses propres lois et qu'il est négation perpétuelle de lui-même. La raison humaine est tout à la fois la mesure du monde et le refus du monde tel qu'il est.

Le criticisme prétend que nous ne pouvons connaître des choses que ce que nous y avons déjà mis nous-mêmes mais se trouve alors incapable d'expliquer le progrès des connaissances. Car si tout est déjà en l'homme comme catégories de la pensée, comment est-il possible d'aller plus avant dans la connaissance des phénomènes? Que la raison et l'entendement soient en capacité d'ordonner les phénomènes ne démontre en rien l'innéité, la fixité et l'immuabilité des pouvoirs de la pensée. La mise en ordre de la connaissance ne limite pas la connaissance ni du point de vue de l'investigation des sens, ni de celui de l'investigation de la pensée. Bref, le criticisme dit que la mise en ordre de la pensée est une mise en ordre par la pensée.

L'agnostique adopte raisonnablement le point de vue de l'état actuel des connaissances. Il ne refuse pas la théorie comme modèle explicatif provisoire, mais il se méfie comme de la peste des paradigmes dominants, à plus forte raison lorsqu'ils sont appliqués en dehors de leur champs disciplinaire d'origine.

L'agnostique distingue soigneusement la réalité des faits et de leurs reproductions (que la science étudie), du "comment?" et du "pourquoi?". Le "comment" ne cesse d'être remis en question dans chaque science tandis que le "pourquoi?" est une question finaliste et anthropomorphique. L'agnostique croît au progrès des connaissances mais n'accepte aucun concept explicatif général et définitif: ni Dieu ni divinisation des concepts; douter de tout non pour renoncer au savoir mais pour renoncer aux présupposés qui l'étouffent. L'agnostique est un sceptique qui aime la connaissance. 

L'agnostique plaide pour la rigueur et la liberté du concept. Il sait qu'il n'y a pas de liberté pour la pensée auprès de ceux qui ont la prétention de détenir la vérité et de connaître le "pourquoi" des choses. 

Tag(s) : #Philosophie
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :